vendredi 30 octobre 2009

UNIQLO KESAKO?

Qui n'a pas entendu parler de l'inauguration du nouveau magasin Uniqlo rue du Scribe - entre les Grands Magasins et l'Opéra de Paris - qui a eu lieu le mois dernier?
Un buzz énorme autour cet événement: ouverture d'un "shop in shop" dans la boutique Colette juste avant le jour J, affiches dans le métro, encarts publicitaires dans les journaux, distribution de cartes de visite, cérémonie d'ouverture ultra médiatisée. Résultat: des mètres de queue devant le flagship store pendant plusieurs jours et des stocks liquidés à une vitesse incroyable. Et pour cause, il ne s'agissait pas uniquement de pub mais aussi de produits d'appel dans la limite des stocks disponibles, comme des jeans homme et femme à 9.90 €, des pulls en cachemire à 39.90 €.

J'ai attendu l'accalmie pour étudier ce phénomène: un grand espace, et surtout des vêtements en abondance, des prix affichés sur les portants tels des arguments de vente. De nombreux basiques et beaucoup de couleurs: un style qu'on pourrait définir de "Damart moderne",  de H&M ou de Primark sans le côté "in". Et pourtant la boutique est loin d'être désertée et comporte néanmoins quelques touches tendances: le staff de vente jeune et à la mode, des icônes branchés, des leaders d'opinion posent pour la marque: les photos de Mathilde Seigner, Nadège Winter, Sébastien Tellier ou DJ Mehdi, situées à l'arrière des caisses.
Uniqlo Paris c'est donc avant tout une histoire de communication. En effet, l'enseigne japonaise a déjà ouvert une boutique à la Défense il y a deux ans. L'ouverture est passée presque inaperçue, alors que celle de Paris a fait grand bruit!
Le groupe japonais Fast Retailing, qui est propriétaire de l'enseigne, a déjà racheté en 2006 la marque française Comptoir des Cotonniers. Cela montre que le désir de conquête de l'hexagone par le géant japonais ne date pas d'aujourd'hui... Reste à savoir maintenant si l'enseigne parviendra à s'adapter aux goûts et tendances de la capitale et à s'y implanter durablement.

mercredi 28 octobre 2009

This is it

C'est aujourd'hui que sort dans les salles This is it, le documentaire sur les répétitions des concerts que devait donner Michael Jackson à Londres à partir de 2009 - concerts qui n'ont jamais eu lieu. Ce film posthume de 1h54, considéré comme un testament, reprend des images inédites, les dernières de la vie de l'artiste. C'est l'occasion pour nous d'admirer les tenues de scène mais aussi de ville du "King of Pop", notamment ses vestes brodées aux épaulettes rehaussées signées Balmain.

lundi 26 octobre 2009

Arty Sunday

Journée détente et balade sous le soleil parisien: j'ai profité de ce dimanche pour me rendre sur l'île Saint-Louis où se déroulait l'exposition de JR "Women Are Heroes".

Du 3 octobre au 2 novembre 2009, l'artiste français affiche des portraits de femmes géants en noir et blanc. Après avoir fait le tour du monde, ses clichés habillent enfin les ponts de Paris. Autre installation ayant eu lieu dans le cadre de cette exposition: une maison issue de la plus ancienne favela du monde qui a été démontée et installée au Pavillon de l'Arsenal, mais pour peu de temps, puisqu'elle a été retirée le 23 octobre.
Seule ombre au tableau: les images en papier ont subi les intempéries ou les malveillances des passants, et ne sont à présent presque plus visibles.

Direction ensuite la Fondation Cartier, dont la façade a été taguée, à l'occasion de l'exposition "Né dans la Rue", consacrée au graffiti.

On pouvait y voir des vidéos retraçant l'histoire de cet art urbain, des fresques des plus grands graffeurs: Seen, P.H.A.S.E. 2 ou Part One.

Des objets collectors y étaient également exposés, comme des bombes vintage ou des "black books" (cahiers sur lesquels les graffeurs dessinent leurs futures fresques en modèles réduits, et auxquels ils tiennent comme à la prunelle de leurs yeux et que jamais ils ne se risquent à prêter...).

Egalement des murs blancs pour s'exprimer, déjà tout taggés. L'expo se termine le 29 novembre prochain.

mardi 13 octobre 2009

Compte-rendu des défilés printemps été 2010

L'été prochain s'annonce chaud et sophistiqué: nombreuses sont les marques qui cultivent la féminité, travaillent les matières et les coupes pour un résultat proche de la perfection. Voici un tour du monde des fashion weeks pour l'été 2010: de New-York à Paris, en passant par Londres et Milan.

Epaules très carrées (Givenchy) pouvant atteindre la démesure (Jean-Paul Gaultier, Balmain) ou bouffantes (Miu Miu, Alexandre Herchcovitch).
Look country et sabots chez Chanel qui reste cependant très chic. Lagerfeld a même invité la chanteuse Lily Allen à se produire en mini-concert au milieu des gigantesques bottes de foin.
La tendance se fait aussi remarquer chez D&G pour qui le jeans est de rigueur.
Le style bohème s'impose chez Chloé vue par Hannah MacGibbon, tandis que Phoebe Philo apporte une nouvelle élégance simple et sophistiquée pour sa première collection chez Céline.
Dolce & Gabbana célèbre la dentelle sous tous ses aspects et la mixe au jeans ou aux imprimés léopard. Des tailles marquées, des guêpières et des corsets pour un rendu très western. Une féminité extrême qui contraste avec les costumes à gilets ou pantalons jodhpur.
Des pin-up chez Dior: la lingerie prend le dessus. Les robes qui s'apparentent à des nuisettes se font de plus en plus légères, en mousseline, en satin ou en dentelle. John Galliano joue la transparence et les superpositions, de même que pour sa propre collection.
Le tennis comme thème central chez Hermès: lignes fluides, pièces en cuir ou en jersey, tout est parfait pour se présenter sur les courts. Pour sa griffe éponyme, Jean-Paul Gaultier détourne des jeans Levi's en salopettes. Il multiplie les détails par centaines et les superpositions pour obtenir une allure militaire débraillée. Il reprend aussi son célèbre corset porté par Madonna dans les années quatre-vingts et le décline sous différentes coutures.


Photos: Vogue.com
Chez Martin Margiela les jambes se dévoilent, de même que chez Prada et Louis Vuitton. La maison française démocratise la coupe afro et les imprimés à profusion jetés les uns sur les autres: un look qui fait davantage downtown new-yorkais que quartiers chics parisiens comme le voudrait l'historique de la marque. Ce qu'on retiendra de ce défilé: des collants couleur chair portés jusqu’à la poitrine tels une combinaison. A New-York, chez Marc Jacobs, la tendance est au pyjama ainsi qu’au soutien-gorge porté par-dessus les vêtements.
Une collection quelque peu fantaisiste chez Yves Saint Laurent: une jupe parsemée de fraises, du cuir rebrodé de sequins, des robes chiffonnées et bouffantes, également aperçues chez l'italien Giorgio Armani.
Chaque défilé de Sonia Rykiel est une fête : des couleurs effervescentes, des rayures, des étoiles et feuilles appliquées, de la maille et du molletonné (étrange pour un été), qui s'accompagnent des rires des mannequins dansant sur le podium.
Paul Smith offre une saison haute en couleurs et riche en imprimés, qui se font également très présents chez Gucci et Versace. Sans trop d'excentricité, Givenchy travaille les motifs psychédéliques dans une palette de noir et de blanc, et marie à merveille tailleur et flou. Au contraire, la maison Pucci, sous la direction artistique de Peter Dundas, se fait sage et présente de nombreux tissus unis.
Sequins le jour, lamé le soir, Azzaro offre une collection éblouissante signée Vanessa Seward. De sublimes robes du soir également aperçues chez Costume National qui exalte plus que jamais la féminité.
Etranges créatures chez Alexander McQueen, qui imagine des tenues presque irréelles, aux imprimés en kaléidoscopes et des coupes aussi extravagantes qu'inattendues. De même que Manish Arora, l'indien qui défile à Paris avec ces femmes qu'on croirait venues d'ailleurs: moins de couleurs qu'à son habitude au profit de pluies de sequins et de jupes aux constructions géométriques.
Un style futuriste difficile à définir chez Balenciaga: tantôt "loubard chic" tantôt "arty seventies". Une collection inondée d'imprimés et d'effets tels que des découpes, des franges ou des patchs.
Victor & Rolf innovent comme chaque saison en accentuant formes et volumes par d'innombrables volants. De remarquables sandales fleuries ornent les jambes des mannequins, tandis que leurs cheveux sont coupés en brosse à la Grace Jones.
Chez Burberry, les fronces sont au rendez-vous pour détourner et renouveler le traditionnel trench. Des sequins et des coupes sexy donnent une touche plus glamour à la marque British.
La maison Valentino fait un sans faute: chaque passage est remarquable, inoubliable, indispensable. Des tenues légères, transparentes, qui en montrent plus qu'elles n'en cachent et en cachent plus qu'elles n'en montrent. De simples noeuds ou une dentelle recouvrant un chemisier suffisent à habiller en tout élégance.
Tie & dye, fraîcheur et coloris acidulés chez Blumarine et Versace. Des tenues idéales pour se promener sur la Riviera.
En résumé, l'été prochain sera fait de coupes structurées aux épaules et aux hanches (Karl Lagerfeld), cohabitant avec les lignes floues des jodhpurs (Dolce & Gabbana, Givenchy) et autres pantalons bouffants (Giorgio Armani, Kenzo), ainsi que des volants (Stella McCartney, Lanvin). Les bas et jarretières feront leur apparition (Chanel, Sonia Rykiel, AF Vandernost), la lingerie se dévoilera, les couches de vêtements se superposeront en toute transparence (Alberta Ferretti, Dior), les imprimés égaieront et habilleront (Gucci), les sequins et le lamé persisteront.
L'été se fait attendre avec impatience!

Re-nouveau

Bonsoir!
Il s'agit là de mon énième come-back depuis la création de ce blog!
Après six mois de jachère, je compte le faire fleurir à nouveau, l'alimenter en infos, en idées, en coups de coeur ou de gueule sur la mode, le luxe et les tendances quelles qu'elles soient.
N'hésitez pas à le visiter aussi souvent que cela vous chante ainsi qu'à donner votre avis: "faites comme chez vous"!

dimanche 15 mars 2009

Paris Fashion Week - Woman RTW FW09

Bref aperçu de la semaine de la mode parisienne:
Comme à New-York, la fourrure et le cuir sont à l'honneur avec des looks très rock. L'inspiration disco se fait également entendre: strass, sequins et lurex brillent de mille éclats sur des mini robes ultra moulantes ou des combi-sarouels (Balmain, Emmanuel Ungaro).
Les épaules se rehaussent et vont même jusqu'à s'affûter chez Balmain. La maison orchestrée par Christophe Decarnin continue sur sa lancée de l'été avec des silhouettes militaro-rock, toujours aussi chic et glamour.
Chanel retourne aux sources avec une collection principalement composée de tailleurs et de tweed noir et blanc. Hormis quelques exceptions vert pâle ou bien cette tenue rose poudrée dans laquelle apparaît le sosie de Bardot. Un clin d'oeil de Karl Lagerfeld: des hommes défilent sous le blason de Mademoiselle Chanel.
Chez Dior, le maquillage rappelle Arletty, mais pour ce qui est des tenues, c'est à l'orient que se veut de rendre hommage John Galliano. Quant à Christian Lacroix, c'est une collection sombre, pauvre en fantaisie, voire triste.
Alexander McQueen a choisi de maquiller ses modèles à la Leigh Bovery. Un contraste avec des coupes fifties ultra féminines et sophistiquées jusqu'à l'excès.
Chez Rykiel on ne change pas une équipe qui gagne: de la maille, des strass et un style eighties. Résultat: une assemblée enchantée par le travail de Sonia et Nathalie.
Yves Saint Laurent et Jean-Paul Gaultier osent le travail du cuir: des impers qui rappellent la Gestapo ou un maillot de bain zippé dans lequel nulle risque de se baigner (YSL).
Photos: Vogue.com

vendredi 27 février 2009

New York Fashion Week

A New York, l'hiver 2009 sera festif ou ne sera pas. Entre couleurs vives (Chris Benz, Betsey Johnson), lamé (Erin Fetherston, Phillip Lim, Elise Øverland, Carolina Herrera) et sequins (Alexandre Herchcovitch), les new-yorkais ne font pas grise mine. Tantôt eighties (Isaac Mizrahi, Marc Jacobs), tantôt grunge/punk rock (Diesel Black Gold) ou victoriennes, les tendances sont variées et non uniformes.

Une chose est certaine: la féminité est mise en avant, que ce soit dans les tenues quotidiennes de DKNY, Elie Tahari ou Devi Kroell, ou les robes de soirée du brésilien Carlos Miele. La femme new-yorkaise est active, elle porte des vêtements pratiques, confortables et - accessoirement - chauds. La fourrure défile chez Derek Lam, Donna Karan et Dennis Basso, le brocard chez Cynthia Rowley.

Anna Sui elle, mélange les styles, les époques, les matières et les couleurs: des poupées mi-gothiques, mi-hippies, portant du noir mixé au Liberty coloré ou de la dentelle sur d'épais jacquards.
Maquillage et coiffure punk pour Marc Jacobs (ci-dessous), qui emploie des matières nobles sur des modèles eighties. Des silhouettes parfois très Yves Saint Laurent!
Photos: Vogue.com

Imprimés à profusion chez Diane von Furstenberg, contrairement à Helmut Lang et à Calvin Klein par Francisco Costa qui oublient la couleur et se concentre sur le choix des matières et des procédés de fabrication (vêtements découpés, à détails plissés...). Même si certains créateurs sortent du lot (Comme Davidelfin), tous semblent faire la course à la Maison Blanche: qui sera le prochain élu par la First Lady pour porter l'une de ses créations.

Les musts have:
- le cuir à même la peau: pantalons (Jill Stuart, Derek Lam, Phi), jupes, robes (Michael Kors)
- la jupe volumineuse (boule ou à volants, pourvu qu'elle prenne forme)
- le lamé, les strass et tout ce qui brille
- les épaules rehaussées, les tailles et hanches marquées 
- les vêtements déstructurés
- le plissé (Derek Lam, Jason Wu)

Les indémodables:
- la fourrure (Matthew Williamson, Michael Kors...)
- les chaussures à patins
- les imprimés animaliers (Oscar de la Renta, Nanette Lepore)

Photos: Vogue.com

dimanche 22 février 2009

Compte rendu de l'exposition YSL/Pierre Bergé

Dimanche 22 février, 19 h: c'est après trois heures d'attente dans le froid que je parviens enfin à accéder à la nef du Grand Palais. Un immense espace divisé en salons, présentant chacun une multitude d'oeuvres d'art toutes aussi sublimes les unes que les autres.
L'une des premières salles, qui est un salon reconstitué, est bondée de monde. On y voit à peine les quartz disposés sur une estrade où repose une sculpture de Brancusi, ni même le fauteuil "aux dragons" d'Eileen Gray, qui siège au milieu du salon. C'est pourtant une pièce maîtresse de l'exposition qui, en plus de quatre-vingt dix ans, n'a pas pris une ride (photo).



Viennent ensuite des tableaux de Picasso ou de Matisse. La foule se presse et se bouscule pour ne rien manquer de ce spectacle éphémère. D'aucuns savent qu'il est impossible de tout découvrir en ce laps de temps, car chaque objet est unique, inédit et possède sa propre histoire. C'est donc dans une ambiance de marathon que les 1500 visiteurs autorisés à accéder simultanément au Grand Palais se pressent pour admirer les oeuvres, catalogue de l'exposition en mains ou pas (catalogue complet disponible pour la modique somme de 200 €, mais des versions abrégées à 50 € existent).

A chaque salle son thème: le mobilier Art Déco, comprenant des pièces en marqueterie signées Jean-Michel Frank, des meubles de la Renaissance ou de style Rococo, des toiles de maîtres comme ce tableau de Mondrian estimé à plusieurs millions d'euros.



On trouve aussi des bronzes, des coupes en vermeil, des statues antiques, des objets en émail des XVème et XVIème siècles ainsi que des camées. Un véritable musée, que cette collection privée accumulée par deux passionnés d'art tout au long de leur vie. Une vente grandiose. Un bel hommage rendu à Yves Saint Laurent par son compagnon Pierre Bergé.